Accusations contre Fatih Terim
Posté : 21.11.2005 14:05
Tiré du site du Temps.ch
FOOTBALL. La presse turque a changé de ton. Elle évoque la face obscure du sélectionneur, ses déclarations et ses liaisons dangereuses.
Delphine Nerbollier, Istanbul
Lundi 21 novembre 2005
Fatih Terim est tombé de son piédestal. Le sélectionneur de la Turquie a non seulement échoué à qualifier son pays pour le Mondial 2006, mais il est aujourd'hui accusé par certains journaux d'être à l'origine des échauffourées de mercredi dernier, dans lesquelles un joueur suisse, Stéphane Grichting, a été blessé. En Turquie, le ton, maintenant, n'est plus à la déception ni aux premières accusations envers la Suisse, qui aurait frappé la première, mais à l'autocritique, du moins de la part de certains journaux.
Jeudi, le quotidien Aksam appelait l'entraîneur à quitter la scène, dans un titre fracassant: «Tu as joué avec l'honneur de la Turquie. Démissionne immédiatement!» Le quotidien se demandait par ailleurs si, au-delà de l'action de la FIFA, le pays ne disposait d'aucune règle interne permettant de sanctionner les responsables.
Fatih Terim, jusqu'ici considéré comme le possible sauveur de la Turquie, est désormais accusé d'avoir mis de l'huile sur le feu, avant le match décisif de mercredi dernier, dans le but de déstabiliser les Suisses. Le journaliste de Hurriyet Cengiz Semercioglu était à Berne, le 12 novembre dernier, lors du match aller, et il accuse. «Fatih Terim dit qu'ils ont sifflé notre hymne national. Eh bien, la même chose arrive en Turquie à chaque match. [...] Alors que nous avons fait attendre l'équipe suisse 90 minutes lors du contrôle des passeports, l'équipe turque et même les supporters turcs passaient l'immigration suisse en cinq minutes. Mais plus important, les déclarations de Terim ont aggravé le comportement des supporters.»
Même chose après l'élimination de la Turquie, mercredi. Quelques minutes à peine après le coup de sifflet final, Fatih Terim apparaît à la télévision, le regard sévère, l'humeur mauvaise. Il s'en prend immédiatement aux Suisses, qui auraient «volé» la victoire à son pays. Pendant ce temps, Stéphane Grichting, blessé au niveau du canal urinaire dans la bagarre qui a éclaté dans les vestiaires, est emmené à l'hôpital. Mais d'excuse, aucune.
Au contraire, vendredi, Fatih Terim met de l'huile sur le feu et appelle la Turquie à se serrer les coudes dans cette épreuve difficle, pour sauver l'honneur coûte que coûte.
La presse, qui le présentait comme le meilleur coach de Turquie, insiste depuis lors sur «le côté face» du personnage et évoque le spectre de l'extrême droite dans cette affaire. Le journal Sabah rappelle que Fatih Terim est un ami très proche de l'ultranationaliste Mehmet Agar, ancien ministre de l'Intérieur qui, en 1996, avait dû démissionner à la suite du scandale de Susurluk impliquant «l'Etat profond», c'est-à-dire la mafia, la classe politique et la police. L'homme, aujourd'hui leader du Parti de la juste voie (DYP), est un fervent supporter du club stambouliote Galatasaray, dont Fatih Terim a été le coach pendant des années.
Quant au quotidien de gauche Radikal, il évoque la présence troublante dans les vestiaires au moment des faits de Yasar Aydin et Ali Kiratli. Les deux hommes sont des proches de l'un des patrons de la mafia turque et auraient participé activement à la bagarre.
FOOTBALL. La presse turque a changé de ton. Elle évoque la face obscure du sélectionneur, ses déclarations et ses liaisons dangereuses.
Delphine Nerbollier, Istanbul
Lundi 21 novembre 2005
Fatih Terim est tombé de son piédestal. Le sélectionneur de la Turquie a non seulement échoué à qualifier son pays pour le Mondial 2006, mais il est aujourd'hui accusé par certains journaux d'être à l'origine des échauffourées de mercredi dernier, dans lesquelles un joueur suisse, Stéphane Grichting, a été blessé. En Turquie, le ton, maintenant, n'est plus à la déception ni aux premières accusations envers la Suisse, qui aurait frappé la première, mais à l'autocritique, du moins de la part de certains journaux.
Jeudi, le quotidien Aksam appelait l'entraîneur à quitter la scène, dans un titre fracassant: «Tu as joué avec l'honneur de la Turquie. Démissionne immédiatement!» Le quotidien se demandait par ailleurs si, au-delà de l'action de la FIFA, le pays ne disposait d'aucune règle interne permettant de sanctionner les responsables.
Fatih Terim, jusqu'ici considéré comme le possible sauveur de la Turquie, est désormais accusé d'avoir mis de l'huile sur le feu, avant le match décisif de mercredi dernier, dans le but de déstabiliser les Suisses. Le journaliste de Hurriyet Cengiz Semercioglu était à Berne, le 12 novembre dernier, lors du match aller, et il accuse. «Fatih Terim dit qu'ils ont sifflé notre hymne national. Eh bien, la même chose arrive en Turquie à chaque match. [...] Alors que nous avons fait attendre l'équipe suisse 90 minutes lors du contrôle des passeports, l'équipe turque et même les supporters turcs passaient l'immigration suisse en cinq minutes. Mais plus important, les déclarations de Terim ont aggravé le comportement des supporters.»
Même chose après l'élimination de la Turquie, mercredi. Quelques minutes à peine après le coup de sifflet final, Fatih Terim apparaît à la télévision, le regard sévère, l'humeur mauvaise. Il s'en prend immédiatement aux Suisses, qui auraient «volé» la victoire à son pays. Pendant ce temps, Stéphane Grichting, blessé au niveau du canal urinaire dans la bagarre qui a éclaté dans les vestiaires, est emmené à l'hôpital. Mais d'excuse, aucune.
Au contraire, vendredi, Fatih Terim met de l'huile sur le feu et appelle la Turquie à se serrer les coudes dans cette épreuve difficle, pour sauver l'honneur coûte que coûte.
La presse, qui le présentait comme le meilleur coach de Turquie, insiste depuis lors sur «le côté face» du personnage et évoque le spectre de l'extrême droite dans cette affaire. Le journal Sabah rappelle que Fatih Terim est un ami très proche de l'ultranationaliste Mehmet Agar, ancien ministre de l'Intérieur qui, en 1996, avait dû démissionner à la suite du scandale de Susurluk impliquant «l'Etat profond», c'est-à-dire la mafia, la classe politique et la police. L'homme, aujourd'hui leader du Parti de la juste voie (DYP), est un fervent supporter du club stambouliote Galatasaray, dont Fatih Terim a été le coach pendant des années.
Quant au quotidien de gauche Radikal, il évoque la présence troublante dans les vestiaires au moment des faits de Yasar Aydin et Ali Kiratli. Les deux hommes sont des proches de l'un des patrons de la mafia turque et auraient participé activement à la bagarre.